Chirurgie maxillo-faciale

4 minutes de lecture

Peut-on garder ses dents de sagesse toute sa vie ?

Les dents de sagesse, également appelées troisièmes molaires, sont les dernières dents à apparaître sur les arcades dentaires, le plus souvent entre 17 et 25 ans. Leur évolution est très variable d’une personne à l’autre : certaines émergent normalement et restent fonctionnelles toute la vie, tandis que d’autres demeurent partiellement ou totalement incluses dans l’os.

L’extraction des dents de sagesse n’est pas systématique. Leur conservation ou leur retrait dépend de leur position, de leur état et des risques de complications, évalués lors d’un examen clinique et radiologique.

Garder ses dents de sagesse toute sa vie | Maxillyon

Une dent de sagesse qui ne fait pas mal peut-elle poser problème ?

L’absence de douleur ne signifie pas nécessairement que la dent est saine ou qu’elle ne présente aucun risque.

Certaines dents incluses restent silencieuses pendant de nombreuses années avant de provoquer une complication. Elles peuvent favoriser la formation d’un kyste, entraîner une résorption de la racine de la dent voisine ou favoriser l’apparition d’une carie difficilement visible.

De même, une dent partiellement sortie peut permettre l’accumulation chronique de plaque bactérienne sous un petit capuchon de gencive, sans provoquer immédiatement de symptômes importants. Cette situation peut évoluer progressivement vers une inflammation ou une infection.

C’est pourquoi une surveillance des dents de sagesse est souvent recommandée, même en l’absence de gêne. Les contrôles réguliers permettent d’apprécier l’évolution de la dent et de décider si une simple surveillance reste suffisante ou si une intervention devient préférable.

La décision de conserver ou de retirer une dent de sagesse repose donc davantage sur son potentiel évolutif que sur la seule présence de douleurs.

Dans quels cas peut-on conserver ses dents de sagesse ?

Il est tout à fait possible de garder ses dents de sagesse lorsqu’elles ne présentent aucune anomalie et qu’elles remplissent correctement leur fonction.

Une dent de sagesse peut être conservée lorsqu’elle est complètement sortie sur l’arcade, correctement positionnée, en contact avec la dent située en avant et facilement accessible au brossage. Dans cette situation, elle participe à la mastication au même titre que les deux autres molaires et ne nécessite pas de traitement particulier.

Certaines dents de sagesse qui poussent progressivement peuvent également être simplement surveillées si leur évolution est favorable et si elles disposent d’un espace suffisant pour faire leur éruption.

Même lorsqu’elles sont totalement incluses dans l’os, les dents de sagesse incluses ne nécessitent pas toujours une intervention. Si elles restent asymptomatiques, qu’elles ne provoquent aucune atteinte des dents voisines et qu’aucune image pathologique n’est observée sur les examens radiologiques, une surveillance des dents de sagesse peut être proposée. Celle-ci repose sur des contrôles cliniques et radiographiques réguliers afin de détecter précocement une éventuelle évolution.

Ainsi, la présence de dents de sagesse ne constitue pas, à elle seule, une indication opératoire.

Pourquoi certaines dents de sagesse doivent-elles être retirées ?

À l’inverse, certaines situations justifient une extraction des dents de sagesse afin de prévenir ou de traiter des complications.

L’une des indications les plus fréquentes concerne les dents de sagesse incluses ou partiellement sorties qui ne disposent pas d’un espace suffisant pour terminer leur éruption. Cette situation favorise l’accumulation de bactéries sous la gencive, pouvant entraîner une infection de dent de sagesse, appelée péricoronarite. Celle-ci se manifeste par une douleur, un gonflement de la gencive, une difficulté à ouvrir la bouche ou à avaler, voire de la fièvre.

Le fait de retirer les dents de sagesse peut également être recommandé lorsqu’elles provoquent des caries difficiles à traiter, des lésions de la deuxième molaire voisine, des kystes autour de la dent incluse ou des douleurs répétées.

Dans certains traitements orthodontiques ou dans le cadre d’une chirurgie des mâchoires, l’extraction des dents de sagesse peut également être indiquée afin de faciliter la prise en charge globale.

La chirurgie des dents de sagesse est réalisée après une étude précise de leur position grâce à un examen radiographique, parfois complété par un scanner tridimensionnel lorsque les racines sont proches du nerf alvéolaire inférieur.

Quels signes doivent conduire à consulter pour une dent de sagesse ?

Plusieurs symptômes doivent amener à consulter un chirurgien maxillo-facial ou un chirurgien-dentiste afin d’évaluer la situation.

Les principaux signes d’alerte sont :

  • une douleur de dent de sagesse persistante ou récidivante 
  • une gencive gonflée, rouge ou douloureuse autour de la dent 
  • une difficulté à ouvrir complètement la bouche 
  • une mauvaise haleine ou un mauvais goût en bouche liés à une infection de dent de sagesse 
  • un gonflement de la joue 
  • une fièvre associée à une douleur dentaire 
  • des épisodes répétés d’inflammation lors de l’éruption des dents de sagesse qui poussent

Lors de la consultation, un examen clinique est complété par une radiographie panoramique, voire un examen tridimensionnel si nécessaire. Ces examens permettent d’évaluer la position des racines, les rapports avec les structures anatomiques voisines et de déterminer si une chirurgie des dents de sagesse est indiquée.

En définitive, il est tout à fait possible de garder ses dents de sagesse toute sa vie lorsqu’elles sont correctement positionnées, fonctionnelles et ne présentent aucun risque pour les dents voisines ou les tissus environnants. En revanche, lorsqu’elles sont responsables d’infections, de douleurs, de lésions ou présentent un risque d’évolution défavorable, une extraction des dents de sagesse peut être recommandée. 

La décision est toujours prise au cas par cas, après une évaluation clinique et radiologique, afin de proposer la prise en charge la plus adaptée à chaque patient.